Mon corps est criblé de balles
mais la cible principale reste mon coeur .
Le métal s'est substitué au sang enfermant à double tour
les sentiments les plus destructeurs.
Mon enveloppe reste constituée de matière
devenue hermétique à la douleur physique
tandis que mon être aspire à la révulsion
d'une quelconque conscience.
Ma toute première erreur fut la naissance
et ma plus grande victoire sera la mort,
mais je compte bien martyriser
ma pauvre carcasse entre les deux.
Le repos éternel ne m'atteindra pas
tant que je ne me serai pas vengée de la vie,
tant que je n'aurai pas pris ma revanche sur elle
je ne m'en irai pas en paix.
A chaque balle extraite il reste toujours une cicatrice,
plus ou moins profonde. Toujours sempiternelle.

